Des rencontres comme point de départ

Un premier article, c’est symbolique. Comme le premier coup de pinceau sur un mur qu’on va repeindre. Faire un portrait ? Parler d’un projet ? Exceptionnellement, ni l’un ni l’autre. En guise de point de départ, je voudrais plutôt faire un clin d’œil aux rencontres qui m’ont menée ici. À ce moment précis. À ces deux dernières années.

Car si je suis amenée à parler, dans ce blog, de personnes animées, qui bougent, fabriquent, produisent avec le cœur… C’est que j’en ai rencontré beaucoup qui m’ont inspirée. Ce blog, c’est un début, oui. Mais c’est aussi un point d’arrivée, au bout d’un chemin tissé de rencontres.


Tout a commencé avec le Social Bar de Biarritz. Un lieu, une énergie. J’y ai retrouvé des amies perdues de vue. Parmi elles, Camille Attias. Je ne vais pas m’étendre sur elle ici, car elle mérite un article dédié. Disons simplement que c’est une femme forte, intelligente, humaine, accessible, intègre, intuitive et cohérente. Avec ses valeurs et son énergie, elle a su créer un lieu vivant, avec une programmation riche et variée. C’est une bâtisseuse de projets comme on en a besoin.

Puis sont venus Louis Darnault et Mathieu Castaings, deux autres personnes aussi inspirées qu’inspirantes, et proactives. Avec elles, j’ai découvert l’envie de créer un tiers-lieu. Le projet n’a pas abouti mais il m’a ouverte à un monde : celui des gens qui osent rêver, croire, essayer.

Au Social Bar, j’ai aussi croisé des inconnu·es. Des personnes extras et ordinaires dans leur simplicité, des personnes qui ont juste un savoir-faire à partager, un savoir-être, ou encore une passion.


Il y a eu aussi Camille Mathis. Une tornade de passage : efficace, éclair, plein d’énergie. Il était venu au Social Bar sur un coup de tête, simplement curieux d’en savoir plus sur mon idée de tiers-lieu, il m’avait encouragée parce que son expérience dans le millier de projets qu’il portait montrait qu’il fallait simplement faire, continuer. Perséverer. Son discours : tout est possible, même sans lieu ni fonds. Et il m’a mise en lien avec une autre personne : Edward Silhol, un porteur de projet pour le moins ambitieux, qui a le mérite de se donner des moyens à la hauteur de son projet. Avec méthode, patience et stratégie.


J’ai aussi fait un détour par le Mauritzia Proiektua, à Bayonne : une initiative sauvagement populaire pour réinvestir des locaux abandonnés donc inexploités. Le but n’était pas d’en faire un squat mais plutôt un lieu alternatif ressource pour des initiatives citoyennes et permettre de répondre à un besoin urgent de logement solidaires. La problématique du logement étant des plus sensibles dans notre région si attractive.

Ce collectif, libre et motivé, a finalement été évincé par les pouvoirs publics : la Communauté d’agglomération Pays basque avait déjà un autre projet en tête pour ces espaces là. J’ai alors rencontré des élu·es, des personnes de la CAPB. Et j’ai pris conscience d’une réalité locale : à une époque où le foncier se fait rare au Pays Basque, c’est l’agglomération qui a les moyens de porter des projets structurants et ambitieux. Elle prend la main sur de nombreuses ventes foncières en cours – comme ce fut le cas pour le site ETPC, à côté de l’aéroport de Biarritz – afin de se garder un levier d’action sur l’aménagement du territoire.


Je passe sans doute sous silence d’autres visages, d’autres moments. Mais je veux évoquer la dernière tentative de tiers-lieu, à l’été 2024.
Nous étions un petit groupe, réuni·es par Camille Attias de nouveau. Nous ne nous connaissions pas tou·tes, mais une association a très vite vu le jour. Autour de la table : des artistes, une réalisatrice, une libraire, des acteur·rices du tissu associatif, dont Nikita Tuffier, étonnant par le nombre de projets qu’il fait vivre depuis des années.

Une envie commune nous réunissait : Créer un espace citoyen, favoriser la mobilité douce, encourager les alternatives locales et environnementales, soutenir les initiatives socio-culturelles. Ce projet non plus n’a pas vu le jour. L’opportunité de local s’est évaporée aussi vite qu’elle était apparue.


(Et d’ailleurs, si tu lis ceci et connais un espace qui pourrait accueillir un tiers-lieu… n’hésite pas à m’écrire ! )


Mais au fond, il y a eu tout ça. Tous ces gens.
Ces inconnu·es qui ont eu envie de se réunir, de construire ensemble.
Et c’est pour ça que j’écris.

Avec ce blog, je veux honorer ces élans, soutenir celles et ceux que je n’ai pas encore rencontrés mais qui, dans un atelier, un coin de garage, un bout de terrain, ou même dans la rue, s’appliquent à faire. Celles et ceux qui osent, même doucement.

Parce que tout commence par l’envie d’essayer.

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